R E P E R T O I R E

  La Charte des auteurs & illustrateurs pour la jeunesse
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Jocelyne SAUVARD
 
Auteur
 
Tél : 01 45 88 89 51
jocelynesauvard@hotmail.com
 
www.jocelynesauvard.fr
 
Jocelyne Sauvard vit à Paris où elle partage son temps entre l'écriture et l'écriture. Pièces de théâtre, romans, scénari sont nés de cette immersion. Des articles aussi Avant scène théâtre, Avant scène Cinéma… Elle mène également des ateliers d'écriture (théâtre, scénario, roman), dans les écoles, collèges, lycées, universités, médiathèques, écoles de théâtre et de cinéma. De Paris à Bastia en passant par l'Est, l'Ouest et par l'Auvergne où elle vient d'achever une résidence théâtrale. Boursière du CNL et de Beaumarchais, elle parcourt parfois le monde, parfois se ressource dans la Creuse et garde une fenêtre ouverte sur l'Asie ce qui se ressent dans ses pièces et ses romans…

 

  photo : J.C. Pineau

 

                                                                         
Bibliographie
 
Littérature jeunesse :
  • Feux, mortelle rapsodie, éditions Monde Global, collection Banlieue d'écriture, 2006, pour ados.
    Un jeune rappeur fou de Rimbaud, son copain, chroniqueur de leurs aventures personnelles et musicales, au second plan ; les feux, les couvre-feux, les émeutes, la famille, l'école, la bavure policière.
    L'histoire tendre et tragique d'une jeunesse d'ici et maintenant.
    Pour en savoir plus, rendez-vous sur www.sitartmag.com en cliquant ici...
  • Lettres d'Afrique, éditions Syros, collection Les uns et les autres, 2005. Neuf histoires , l'amour de Croissant de lune et Oiseau de nuit dans le désert, L'enfant de guerre du Rwanda, Ulysse et Hassan vont en avion, ils survolent Sénégal et Darfour, Arthur, David et Sofiane apprivoisent à Tanger un oiseau parleur... La dernière, écrite dans l'urgence cet été, a donné son nom au recueil: ces Lettres, celles d'un jeune marin à sa petite soeur sont peut-être à l'origine de sa vocation d'écrivain(e)...
  • Vagues à Biarritz, Editions Albin Michel (le furet, épuisé).
  • Quinze ans, la mort au bout du couloir, Editions Syros, réedition 2004 (les mineurs dans le couloir de la mort)
  • Le coup du crabe, Editions Magnard.
  • Coup de gong à Hong Kong, Editions Magnard.
  • A paraître en 2005 :
    • Le clone noir, Editions Syros (réédition)
    Pour adolescents :
    • La nuit du Rappeur, Editions Baleine-Seuil.
    Romans :
    • D'Alex à Lise, Editions Baleine-Seuil.
    • Les grands barrages, Editions La passe du vent.
    • Good morning Web Nam, Editions Routard-Hachette.
    • Des nouvelles de Raskolnikov ? Editions JC Lattès-Le Masque.
    • Les Hautes Lumières, Editions JC Lattès-le Masque.
    Théâtre Jeune public :
    • Pieces policières (Retz, coll)
    • Cirque, pitres et farceurs, pour les 4-8 ans, Retz, collectif.
     
    Théâtre Adolescents et adultes :
    • Mousson blues, suivie de Matéré (éditions Impressions nouvelles, avril 2OO5)
    Mousson blues : un huis clos familial dans un Vietnam d'aujourd'hui mal remis de l'Indochine.
    Matéré : quatre jeunes, Lilas, Sang Mêlé, Casamance, Oiseau des Iles, racontent leur mère, trois d'entre eux sont métis
    • Chambre noire (RTL suisse romande).
    • Lethal romance (France Culture, Art Studio theatre).
    • Pièces juste noires : Trilogie : tragi-comédies sur le thème de la justice.
    • Lethal romance (peine de mort aux Usa)
    • La grande nuit (banlieue)
    • Procès verbal (la justice pour vous et moi) Ed. Le bruit des autres.
    • Mousson blues (Vietnam et Indochine), à paraître aux Impressions nouvelles, avril 2005.
    Presse : L'Avant scène Théâtre, L'Avant scène cinéma, Femme actuelle, Phosphore.

     

     

     
    Animations
     
     
    Faites-vous des rencontres ponctuelles ? OUI
    Faites-vous des ateliers d'écriture ? OUI
     
    Souhaitez-vous intervenir dans les genres suivants ?
    Ecriture narrative OUI
    Ecriture poétique OUI
    Autres : Scénario, théâtre.
     
    Avez-vous d'autres activités en rapport avec le jeunesse ?
    Conteuse OUI
     
    Avec quel public souhaitez-vous intervenir ?
    Maternelle OUI
    Primaire OUI
    Collège OUI
    Lycée OUI
    Adulte OUI
     
     
    Extraits :
     
    L'île bleue
    …tous les garçons de huit ans, Bérenger aimait le sport, les muscles et les histoires terrifiantes.
    Il habitait, sur l'île de Porquerolles, une maison blanche à volets azur entourée d'un jardin. Les clochettes balancées par la brise de mer y faisaient de la musique, les cerisiers ressemblaient à des barbes à papa et, derrière la haie de tamaris, les mésanges lissaient leurs plumes. Le chien somnolait, le chat ronronnait, trois puces, dix-sept moustiques, deux vers de terre et quatorze papillons blancs se contentaient de profiter des rayons du soleil. C'est ce que Bérenger montrait chaque matin à Julia, sa petite soeur. Mais, comme toutes les filles de six ans, Julia n'aimait que les poupées à cheveux longs et les jupes à volants, et elle ne l'écoutait guère.
    Â l'école, Bérenger organisait de grands jeux de ballon. Le reste du temps, il étudiait.
    Un jour, la maîtresse étant absente, Bérenger fut envoyé dans une autre classe. Le tableau y était couvert de schémas compliqués et Bérenger s'ennuya. Il explora donc son casier. À côté d'un vieux chewing-gum traînait un bout de papier tout froissé. Il le déplia, dessina un bonhomme pas plus grand que son petit doigt, ajouta au feutre des oreilles pointues et un chapeau de magicien couvert d'étoiles bleues. Il le découpa soigneusement, l'enfouit dans la poche de son jogging et dévala la rampe car la cloche sonnait. Il rentra à la maison et oublia le petit personnage.
     
    En tête à tête
    C'est après avoir lu le rapport d Amnesty International " Des mineurs dans le couloir de la mort aux États-Unis " que je suis entrée dans l'histoire de Troy Dugar et de Sandra Anderson, des deux plus jeunes condamnés, âgés de quinze ans au moment des faits.
    Amnesty m'a fait parvenir un reportage vidéo réalisé en 1991 par l'antenne de Londres (par souci de neutralité chaque section de l'organisation n'étudie que des cas qui n'émanent pas de son pays d'implantation) et, durant neuf minutes, défilent de courtes séquences: interviews du psychiatre, de l'avocat, du district attorney, de l'assistant-warder (qui attache les condamnés sur da table de mort en cas d'injection au lethal) et de Troy.
    J'ai donc ainsi vu Troy en tête à tête, par le biais de l'écran. Cela a été un grand choc. Aujourd'hui, les faits remontent à sept ans. Dans ce reportage, Troy est donc un jeune homme; avec une bouille de gamin.
    Après quelques jours, j'ai revisionné la cassette. À plusieurs reprises. Arrêts sur image, retours en arrière m'ont permis de scruter les murs, la cellule, la roulante. Des détails qui m'avaient échappé dans la vivacité du reportage sont apparus: le contenu du plateau, les chaînes aux pieds quand Troy descend l'escalier.
    Arrêt sur visage, arrêt sur sourire, arrêt sur Troy qui éclate d'un rire bruyant et lève les bras. Arrêt sur sa photo d'enfant. Arrêt sur ses yeux, obscurs, noyés dans sa figure de gros bébé.
    J'ai repassé da courte séquence pendant laquelle il semble en proie à des hallucinations et raconte sa confrontation avec le juge.
    Troy ne me connaît pas, ne sait pas que j'ai pensé et écrit son histoire chaque jour, pendant plusieurs mois.
    Pour Sandra, j'avais beau lire dans le compte rendu " Sandra Anderson, race noire ; la représentation mentale qui me venait aussitôt d'après ces deux syllabes " Sandra " était celle d'une adolescente blonde à cheveux longs, en bermuda bleu ! Il a donc fallu que je commence d entrer dans la peau de " Sandra Anderson, race
    noire y avant d'écrire son histoire. Je l'ai colorée. Je lui ai confectionné une belle coiffure pleine de petites tresses et l'ai matérialisée. Une fille robuste, Sandra. Quand elle a été bien dans mes yeux, je l'ai dessinée. Un petit croquis comme ça. Et puis je me suis baladée avec elle dans ma tête...
    Enfin des articles en provenance des États-Unis et d Amnesty-Londres sont arrivés. Par chance, il y avait une photo de Sandra.
    Pendant ces quatre mois d'enquête et d'écriture, je me réveillais parfois à S heures 30. Sans tenir compte du décalage horaire ni du temps, le des voyais, couchés en chien de fusil dans leur cellule. À l'isolement. Quinze ans et la mort au bout du couloir...
    Le travail que j'ai fait ici en France - enquêtes sur la délinquance et auprès des enfants des prisons, ateliers d'écriture dans les banlieues avec des jeunes venus de tous horizons, de toutes races et de toutes couleurs - s'est incorporé aux silhouettes de Troy et de Sandra et m'a aidée à me glisser dans leur peau.